GR®10 :
La Grande Traversée des Pyrénées à pied

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Le GR®10, aussi appelé « grande traversée des Pyrénées« , est assurément l’un des plus beaux et des plus difficiles chemins de grande randonnée de France. Il parcourt la chaine pyrénéenne d’Hendaye jusqu’à Banyuls-sur-Mer et relie donc le Pays basque au Roussillon et l’océan Atlantique à la mer Méditerranée.

Pour y parvenir, le marcheur doit sillonner de vallée en vallée et gravir plus de 55000 mètres de dénivelé positif (et en descendre évidemment autant !) sur plus de 900 kilomètres. C’est sur un été que s’entreprend la traversée pour les adeptes du trekking les plus courageux et disponibles. Pour d’autres, qui préfèreront découper le GR®10 en plusieurs tronçons, quelques jours pourront suffire à boucler une partie de la traversée.

devant le panneau symbolique de la fin du GR10, face à la mer Méditerranée, à Banyuls

Le jeu en vaut la chandelle, car chaque jour qui passe est un émerveillement. Et même si certains moments difficiles sont inévitables, il deviennent à la fin de l’aventure des souvenirs à raconter encore et encore. Néanmoins, partir sur un chemin durant des semaines, voire des mois, ne s’improvise pas : Cela nécessite évidemment de très bonnes capacités physiques, mais surtout une parfaite préparation de l’itinéraire et du sac à dos.

Pour vous aider à préparer votre propre aventure de trekking, je vous partage sur cette page mon expérience, mes réussites, mes erreurs. Le chemin est tracé ! Je passe devant, suivez-moi !

Table des matières

1) Le parcours : qu'est-ce que le GR®10 ?

Mais qui a eu cette idée folle, d'un jour inventer... le GR®10 ?

Une borne d'indication du parcours sur le chemin du GR10
Balisage du GR10 dans la vallée du louron, pyrénées

Le Comité National des Sentiers de Grande-Randonnée, créé en 1947, est le précurseur de la Fédération Française de Randonnée Pédestre. Son créateur, Jean Loiseau, est à l’initiative de la création du GR®10. Mais convaincre habitants et élus de baliser un chemin empreinté depuis toujours par les pyrénéens n’est pas chose facile.

Les Hautes-Pyrénées et le Béarn sont les premières zones à être signalisées, à partir de 1963-1964. En 1963, Dominique Jacquelin, délégué départemental du CNSGR, se voit confier la mission de la création du GR®10 en Béarn. Il monte toute une équipe de fins connaisseurs de la montagne afin de matérialiser le sentier sur plus de 120 km. Au delà du balisage, c’est la préparation du topoguide descriptif de l’itinéraire qui est alors en jeu. Il faut donc trouver, mesurer et documenter l’itinéraire, le décrire et noter les ressources disponibles sur le chemin, notamment les lieux d’étapes. Enfin, un gros travail de cartographie est réalisé. La première édition du topoguide sur la section béarnaise parait en juin 1967.

Sur l’ensemble de la chaine, un itinéraire fut trouvé. La création fut réalisée par tronçons indépendants. La zone des Pyrénées-Orientales vient conclure quinze années de travail, en 1979, afin de rendre possible la traversée intégrale des Pyrénées d’Hendaye à Banyuls par le GR®10.

De l'océan Atlantique à la mer Méditerranée...

Reliant l’océan à la mer, le parcours permet de découvrir la variété des paysages pyrénéens, des verdoyantes montagnes basques aux sommets arides et aux vallons ensoleillés de la côte méditerranéenne. Il traverse un parc national (le parc national des Pyrénées) entre Béarn et Hautes-Pyrénées, et deux parcs naturels régionaux : le parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises et le parc naturel régional des Pyrénées catalanes.

Commençant tranquillement sur les pentes douces du Pays basque, il prend de la hauteur dans le Béarn, où se trouvent les premiers cols à plus de 2000 mètres d’altitude. Il traverse ensuite les Hautes-Pyrénées, passe à Cauterets et au lac de Gaube, puis au col de la Hourquette d’Ossoue, à 2734 mètres, point culminant du GR®10, à quelques encablures du grand Vignemale, plus haut sommet des Pyrénées françaises. Après Gavarnie et les lacs du Néouvielle, il se dirige vers le Luchonnais et offre des panoramas magnifiques sur l’Aneto.

Le Vignemale sur le chemin du GR10 en Hautes-Pyrénées
Un des grands moments du GR®10 : la montée vers le pied de la pique longue du Vignemale.

Le GR®10 parcourt ensuite les chemins pentus et parfois rudes du Couserans, ses splendides hêtraies, ses paysages sauvages et préservés, au pied du mont Valier, avant d’arpenter les hauts plateaux et de redescendre vers la surprenante Cerdagne. Enfin, dans les Pyrénées-Orientales, il traverse de superbes réserves naturelles, passe au pied du pic du Canigou, symbole des Catalans, avant de plonger vers la mer par le massif des Albères. Il prend fin, au milieu des vignes, par un panorama inoubliable sur Banyuls-sur-Mer et la côte Vermeille. Ou sur la plage d’Hendaye pour ceux qui partent dans l’autre sens ! Quoi qu’il en soit, un bain rafraichissant s’impose une fois la mer ou l’océan atteint, afin de mieux réaliser tout le chemin parcouru…

2) De l'idée... au projet : qu'est-ce qui m'a motivé à partir traverser les Pyrénées à pied par le GR®10 ?

Pour répondre à cette question, il me faut revenir quelques années en arrière. Dix ans, exactement.

En 2012, je pars étudier en région toulousaine. Pour moi qui était toujours resté vivre dans un rayon de 80 kilomètres autour de ma ville natale, c’est une grande aventure qui commence. Je suis très vite charmé par la ville rose, mais j’ai surtout l’envie de découvrir la région qui est un immense territoire de jeu pour le randonneur que je suis. Je n’avais jamais mis les pieds en Occitanie avant de venir y vivre pour mes études. C’est une totale nouveauté. Mais l’amoureux des montagnes part très vite vers les sommets de la chaine pyrénéenne. Je me rappelle d’ailleurs d’une journée dans le brouillard, d’une rando les pieds dans l’eau et dans le froid en plein cœur de l’automne, pour ma première dans les Pyrénées.

Je commence alors à me familiariser avec les cartes de la région, et à trouver des randonnées dans des sites réputés pour commencer : le cirque de Gavarnie, les lacs de la réserve du Néouvielle. Puis la vallée d’Ossau et les lacs d’Ayous, Lescun, le lac de Gaube et Cauterets, le Couserans… Que des classiques ! Je me régale. Mais savez-vous quel est le point commun de tous ces lieux ?

Je vous le donne en mille kilomètres, ou presque : le sentier de grande randonnée 10, la traversée des Pyrénées… le GR®10, quoi ! À chaque fois, quasiment sur chacune de mes randos pyrénéennes, je croise ses balises blanches et rouges. Je les suis même parfois sur quelques kilomètres. À force, j’ai sans doute parcouru plusieurs dizaines, peut-être une centaine de kilomètres de son itinéraire, par petits morceaux indépendants, de part et d’autre de la chaine.

Voyant de mes propres yeux par quels sites merveilleux le GR®10 passe, croisant aussi des marcheurs itinérants fonçant vers la mer ou l’océan, je commence à m’intéresser de plus près à ce fameux tracé. Et découvre qu’il s’agit tout bonnement de l’un des GR® les plus difficiles, les plus longs, mais aussi les plus beaux de France ! Moi, je n’ai alors jamais fait de randonnée en itinérance, je n’ai encore jamais bivouaqué, je me suis toujours arrangé pour suivre une boucle lors de mes randos à la journée. Ou j’ai fait demi-tour pour revenir avant la nuit. Partir sur un périple de plusieurs mois en autonomie n’est donc pas envisageable dans l’immédiat. Et pourtant, dans ma tête, cela devient une évidence : un jour, je parcourrai le GR®10. D’Hendaye à Banyuls, d’une traite. Pas par morceaux, pas sur une semaine ou deux chaque année… Non. Un jour, je partirai pour la plus grande aventure de toute ma vie. Un jour, je traverserai les Pyrénées à pied… Seul, en autonomie.

Malheureusement, à la fin de mes études en 2015, je suis contraint de quitter Toulouse et la région. Je m’installe dans le nord de la France, et c’est là-bas que je m’initie à l’itinérance, sur le sentier côtier (le GR®120), puis pour mon premier trek en autonomie sur le GR®223. Je dors en camping. Mais j’ai gouté pour la première fois à l’aventure… Et cela ne me quittera plus. Le GR®10 est plus que jamais dans ma tête. Sans savoir quand je pourrai tenter enfin de me lancer.

En 2020, je vis une année très sombre. Il y a le Covid d’une part, qui nous prive de plein air et encore plus d’aventures lointaines. Une situation personnelle compliquée d’autre part. Je vis très très mal cette période de confinements, je rêve de montagnes et de larges panoramas. Je rêve de changer d’air. Le GR®10 devient alors une obsession. Je commande les topoguides, commence à étudier le parcours. Cela m’occupe, cela me fait surtout voyager et espérer des jours meilleurs. Je me documente, m’informe sur les itinérances au long cours. Je commande du matériel, je prépare des aventures. Sans pouvoir les concrétiser pour le moment… Mais je sais que je ne ferai pas demi-tour. J’en ai envie, j’en ai besoin, le GR®10 me motive, me fait tenir, me permet de voir loin et positivement dans cette période morose. L’idée est devenue projet.

2021 est alors l’année du renouveau. Je m’offre de la liberté. Je marche, partout, dès que possible : plus de 3000 kilomètres dans l’année. Je vis mon premier bivouac en mai, en Cerdagne. Quatre jours et trois nuits d’aventure en totale autonomie. Je profite de congés pour enchainer les nuits sous la tente, me sens enfin libre. J’accumule les expériences, les découvertes, les erreurs aussi. Ma préparation pour la grande aventure est lancée. Je peaufine mon matériel, suis à l’écoute de mes besoins. L’année est très riche, je marche dès que je le peux. J’enchaine les GR®, les GR®P. Mon test grandeur nature, c’est le GR®78 : trois semaines sur le piémont pyrénéen. Je me rassure, prends mes repères, j’apprends à bien dormir en pleine nature (32 bivouacs). Je mets tout en œuvre pour réaliser mon projet. Et je sais qu’en 2022, ce sera l’heure du grand départ…

bivouac sur le GR10 au sommet du petit vignemale (3032 mètres) avec coucher de soleil sur les pyrénées

3) La préparation : alimentation, eau, hébergement, difficultés... Comment préparer la traversée des Pyrénées à pied ?

Printemps 2022.

Cet été, je pars traverser les Pyrénées.

Je fixe mon départ d’Hendaye au 15 juin. Inutile de partir trop tôt : les premiers cols à plus de 2000 mètres d’altitude, dans le Béarn, peuvent rester enneigés assez tardivement dans la saison. Même si la tendance à l’enneigement printanier est à la baisse avec le réchauffement climatique, c’est toujours un paramètre à prendre en compte. Bien se renseigner sur l’accessibilité des cols est indispensable en début de saison. Mais d’un autre côté, partir trop tard, ce serait pour moi le risque de compromettre la fin de ma traversée des Pyrénées. Mon souhait est de prendre mon temps, je vise une arrivée à Banyuls pour la fin août-début septembre. Plus l’automne approchera, plus les conditions météo deviendront difficiles. Le mois de juin est, en montagne, le moment parfait pour randonner : les paysages sont encore verts, les chemins très fleuris et peu fréquentés avant les vacances scolaires, les jours sont longs, les nuits peu froides (en général)… Le 15 juin me semblait le moment parfait pour partir, et après coup, je pense avoir fait le bon choix. Mais bien-sûr, chaque individu aura ses arguments et ses contraintes, chacun doit donc faire selon ses possibilités. Néanmoins, le bon sens doit primer : le GR®10 traverse de la haute montagne, aux conditions météorologiques changeantes et parfois difficiles, il faut le savoir et le prendre en compte.

Dans tous les cas, le randonneur qui prévoit de partir sur l’intégralité du GR®10 durant un été se posera forcément cette question dans le cadre de sa préparation :

Combien de temps faut-il pour réaliser le GR®10 ?

Avec plus de 900 kilomètres, le GR®10 est l’un des plus longs chemins de grande randonnée de France ! Et l’un des plus difficiles aussi. Grimper une moyenne de 1000 mètres de dénivelé positif journalier en montagne est déjà une belle performance, mais il s’agit en plus de la reproduire durant plusieurs semaines. Dès lors, une durée de 55 jours semble envisageable pour franchir les 55000 mètres de D+. Mais là où certains boucleront les 900 kilomètres en moins de 30 étapes, d’autres prendront le temps d’en profiter un maximum, voire de quitter provisoirement le GR®10 pour quelques détours vers des sommets mythiques. Ce fut mon cas et il me fallut 75 étapes pour arriver à Banyuls. Pour mon plus grand plaisir !

Tout dépend donc de ses capacités physiques, du temps que l’on a à consacrer à cette aventure, et des aléas que l’on peut rencontrer jour après jour (météo, fatigue, blessure…) Partir avec un chronomètre dans la main et un nombre précis d’étapes, sur une aventure aussi longue, semble très risqué, si ce n’est impossible.

Dès lors, découper le GR®10 en plusieurs portions peut s’avérer prudent. La plupart des randonneurs partis à l’assaut de la traversée des Pyrénées se lancent d’ailleurs sur des portions d’une à deux semaines environ.

Selon le site de l’association GR®10, le temps moyen de parcours est de 360 heures de marche (hors pauses). Pour approximer le temps de sa propre traversée, il faut donc bien se connaitre et ne pas surestimer son temps de marche journalier. Un randonneur capable d’enchainer des journées de 6h de marche pourra par exemple boucler sa traversée en deux mois (60 jours). Il faudra environ 45 étapes pour des journées de 8h de marche.

Mais attention : marcher 8h sur une journée et enchainer cet effort sur 45 jours sont deux choses complètement différentes : La seconde n’est clairement pas à la portée de tous !

Pour ma part, j’ai choisi de prendre mon temps et d’effectuer des détours. 75 étapes m’ont été nécessaires pour parcourir 1178 kilomètres, soit une moyenne de 16 kilomètres par jour. J’ai marché 6h par jour en moyenne, à un rythme qui m’a bien convenu, ni trop rapide, ni trop lent. Mais j’ai surtout pris le temps d’apprécier les splendides paysages pyrénéens et de faire de très nombreuses pauses photo ! Parfois, je me suis même offert le luxe d’effectuer de courtes étapes. Un jour, par exemple, je suis tombé amoureux d’une vue incroyable sur le pic du Midi d’Ossau. Je n’avais marché que trois heures, je me suis d’abord arrêté face au pic pour prendre mon pique-nique. Et puis finalement… Je ne suis reparti que le lendemain ! La vue était trop belle, j’ai passé l’après-midi entier à la contempler…

En résumé : chacun son rythme, chacun ses habitudes et ses préférences. Mais une chose semble essentielle : quelle que soit son allure, ne pas oublier d’en profiter un maximum !

Pas d'Azuns, sur le GR10, vue extraordinaire sur le pic du midi d'ossau
Une vue fantastique sur le pic du midi d'Ossau, dont j'ai profité un après-midi entier !

Comment s'alimenter et où se ravitailler sur le GR®10 ?

Voici une autre interrogation à ne pas prendre à la légère. Le sujet de la nourriture est incontournable tant les dépenses physiques sont importantes chaque jour sur le parcours.

Différents lieux permettent de faire des emplettes : les épiceries de village, les boulangeries et autres boucheries. Pour ne pas avoir de mauvaise surprise, il faut connaitre les horaires d’ouverture de ces commerces. A chaque trek, je prends le temps de recenser les petits commerces alimentaires du parcours, en croisant l’itinéraire avec Google Maps, par exemple. Les topoguides indiquent aussi quelques épiceries. Je me note les horaires de chaque commerce afin de pouvoir anticiper plusieurs jours de ravitaillement une fois parti. Bien-sûr, ces épiceries restent rares, il y aura plus de jours sans qu’avec : il faut donc à chaque fois repartir avec quelques jours de vivres.

Pour compléter, il est possible de prendre un vrai repas chaud en gite, le soir, et de s’autoriser une nuit au sec dans un vrai lit. C’est aussi le cas dans les refuges. Dans les deux cas il est fortement recommandé de réserver à l’avance (certains refuges sont complets plusieurs semaines avant dans les sites touristiques majeurs des Pyrénées).

De mon côté les refuges m’ont servi d’appoint, pour un sandwich souvent minuscule et vendu hors de prix. Certains proposent une mini-épicerie avec quelques barres de céréales vendues à l’unité et quelques autres produits sucrés (biscuits, boissons fraiches).

Globalement, et à condition de porter quelques jours de vivres sur son dos, des ravitaillements réguliers existent sur le parcours pour les trekkeurs en autonomie. Attention cependant aux Pyrénées ariégeoises ! Notamment à partir de Bagnères-de-Luchon et durant la traversée du Couserans : C’est un peu le désert. De mon côté j’ai rallongé les étapes à cette période afin d’éviter de manquer de nourriture trop longtemps. La cabane de Clarens, située peu avant le plateau de Beille, est ravitaillée par l’association GR®10 et permet de faire quelques emplettes de conserves en portions individuelles. Un bon dépannage pour ceux qui manqueraient d’un plat consistant.

Enfin, j’ai choisi de partir sur le GR®10 avec quelques repas lyophilisés que j’achète chez Lyophilise & Co : légers, pratiques, ils permettent de varier les mets, de s’autoriser un plat chaud après une dure journée dans l’humidité et le froid, de manger de temps à autre quelque chose de consistant. Globalement les portions sont adaptées aux sportifs affamés. La purée mousseline et les pâtes (avec cuisson rapide de préférence) sont aussi d’un grand secours certains jours. Prévoir popote, réchaud, briquet.

le bivouac en montagne c'est aussi le plaisir d'un repas chaud : popote et lyophilisé pour un bon diner.

Les possibilités de repas sont donc multiples pour prendre des forces tout au long de l’aventure. Néanmoins, cela demande préparation, organisation et anticipation. Car à moins de se contenter de myrtilles et de framboises glanées sur le chemin, et à moyen terme de compromettre son aventure, voire de se mettre en danger en s’alimentant trop peu, ce sujet est essentiel physiquement… et moralement !

Où trouver de l'eau sur le GR®10 ?

L’eau, en montagne, est le sujet vital par excellence ! Contrairement à l’alimentation, qui peut être stockée quelques jours, les ressources en eau s’épuisent vite en trek. Et il n’est pas possible d’en transporter plus de quelques litres…

Il faut donc songer à cette problématique plusieurs fois par jour, et a minima le soir avant le bivouac pour la popote, les besoins de la nuit et du début de la journée suivante. À ce moment là, je fais toujours le plein, ce qui représentait trois litres d’eau durant le GR®10. Il faut souvent anticiper ces besoins : il peut être difficile de trouver un lieu de bivouac confortable avec de l’eau à proximité immédiate !

Ainsi, avant d’envisager de planter la tente, jeter un œil sur la carte topographique est essentiel pour repérer une source, un torrent, ou tout autre point d’eau où remplir ses gourdes ou sa poche à eau.

Pour les ressources réellement disponibles, tout dépend du secteur géographique. Dans le Pays Basque, les Pyrénées Orientales mais aussi sur les hauteurs minérales des Pyrénées centrales, là où la végétation devient pauvre, l’eau manque souvent. Il faut donc s’en préoccuper en priorité, pour ne jamais en manquer, et être vigilant lors des chaudes journées d’été.

La chaleur et la sécheresse qui sévissent depuis plusieurs étés ont en effet un impact important sur les ressources hydrographiques en montagne : torrents et sources à sec, faible niveau d’eau dans les lacs … Certains refuges doivent même parfois vendre de l’eau en bouteille… En raison de la mauvaise qualité de l’eau de la source qui les alimentent.

En dehors de ces conditions difficiles, dans les vallées et près des villages, il est rare qu’un torrent ne coule pas. Une fontaine sera bienvenue pour se rafraichir. Les cimetières sont aussi très souvent équipés d’un point d’eau.

Le ravitaillement en eau en fin de journée : je remplis mes trois gourdes en eau grâce à une source destinée aux bêtes.
Un torrent dans les Hautes-Pyrénées

De manière générale, rester vigilant à la qualité de l’eau est indispensable pour éviter des troubles intestinaux et d’autres soucis de santé. Je n’ai jamais eu de souci en buvant l’eau des ruisseaux, néanmoins il faut faire attention à sa provenance : prélever l’eau plutôt en amont qu’en aval d’un village, pour éviter d’éventuels rejets sauvages. De la même manière, puiser l’eau qui a traversé un pré où paissent des animaux peut réserver de mauvaises surprises, notamment au niveau du goût. Enfin, à moins d’utiliser un filtre, éviter l’eau stagnante où se concentrent petits animaux, micro-organismes et autres vases. J’utilise une gourde filtrante à chaque fois que j’ai un doute. 

Maitriser sa consommation en fonction de la distance jusqu’au prochain point d’eau est essentiel. Nous buvons plus lors d’un effort intense et lorsqu’il fait très chaud. D’où l’intérêt d’une carte afin d’anticiper le prochain ravitaillement, adapter son rythme et son parcours. Cependant, la carte représente la situation à un instant T. Envisager un plan B est donc pertinent dans certains cas : un ruisseau peut être à sec, une source tarie, l’eau d’une fontaine non-potable

Avec ces différentes méthodes, j’ai su répondre à la problématique de l’eau sur le GR®10. Mon principal « raté » : prévoir de passer la nuit sur un col au pays basque, en pleine canicule. J’avais rempli mes gourdes en cours de montée, mais malgré mes trois litres de réserves d’eau, j’en ai manqué dès le début de soirée : Par plus de 40°C, même à l’ombre à me reposer, j’ai épuisé mes ressources ! Il me fallut alors redescendre chercher de quoi m’hydrater. D’où l’intérêt de ne pas bivouaquer trop loin d’un point d’eau !

Où dormir sur le GR®10 et en trek dans les Pyrénées ?

Tente, hamac, tarp, nuit à la belle étoile, mais aussi cabane, refuge, gite, hôtel et location de courte durée… Les possibilités d’hébergement en montagne, et particulièrement sur le GR®10, sont nombreuses et vont varier avec la localisation. Des installations touristiques existent un peu partout à proximité de la civilisation. S’offrir une nuit au chaud et au sec de temps à autre n’a pas de prix ! Mais partir sans une possibilité de couchage confortable sur le dos, en visant uniquement les hébergements en dur, parait présomptueux. À moins d’être capable d’enchainer de très longues journées de marche !

J’ai croisé sur le GR®10 quelques personnes en hamac, avec deux avantages certains : la facilité de s’installer (dès qu’il y a une végétation suffisamment solide) et la légèreté. Néanmoins, la situation se complique dès que la météo devient humide, avec un confort vraiment sommaire dans ce cas…

Un bivouac magnifique dans le Béarn, entouré de crêtes minérales.
Ma tente se fond dans le paysage et je me fais discret dans les somptueux décors pyrénéens.

Le grand classique, c’est bien-sûr la tente ! L’autonomie est alors totale, l’abri plutôt confortable (à condition de choisir consciencieusement son matériel) et rassurant lors de conditions météorologiques difficiles. Il apporte de la chaleur pour les fraiches nuits de montagne. Un véritable petit cocon pour aventurier ! C’est le choix que j’ai fait pour ma traversée des Pyrénées, avec l’objectif de bivouaquer au maximum et la possibilité de passer quelques nuits au chaud lorsque le besoin se fait ressentir. J’ai adoré la liberté de pouvoir dormir dans des endroits magnifiques, que je choisissais sur place, au coup de cœur. Surtout, je me suis senti libre de m’arrêter là où d’autres marcheurs ne pourraient même pas l’envisager. Je ne dépendais pas d’hébergements, et comme j’avais du temps devant moi, j’étais libre de raccourcir une étape et de rallonger (ou pas !) la suivante. Ce mode répondait totalement à mon envie de traverser les Pyrénées à mon rythme. Ce fut une grande réussite !

Pour un maximum de confort de marche en journée, il est impératif de sélectionner une tente légère. C’est l’un des objets dont le choix pourra avoir un impact majeur sur le poids final du sac à dos. Il est alors possible de gagner plusieurs centaines de grammes, voire plus d’un kilogramme ! Certaines tentes sont totalement adaptées au trek et pèsent moins d’un kilogramme. Il faut alors prévoir un petit budget, mais l’achat est un investissement long terme largement rentable : En bivouac, dormir ne coûte plus rien quelle que soit la durée de l’aventure ! Et surtout, c’est un chez-soi tellement appréciable après de longues journées d’itinérance !

Outre quelques nuits d’hôtel, j’ai passé une nuit au refuge Jeandel, près du col de la Pierre-Saint-Martin. J’y ai été chaleureusement accueilli et j’ai passé une merveilleuse soirée en compagnie d’autres GRdistes. Un choix presque indispensable alors qu’à cet endroit, le brouillard ne se dissipait pas et que la température nocturne frisait le 0°C.

Douche chaude, repas copieux et nuit confortable : le combo parfait offert par les refuges de montagne. Avec en bonus, un petit déjeuner au soleil au dessus des nuages avant de repartir le lendemain matin. Merveilleux ! Pour toute information et réservation, cela se passe ici : https://www.refugejeandel.com/

lever de soleil au dessus de la mer de nuages au Refuge Jeandel, dans les Pyrénées
Un petit déjeuner tout en douceur face à la mer de nuages au refuge Jeandel
Une cabane pyrénéenne parfaite pour s'abriter et passer une nuit au chaud et au sec
La cabane de Trapech du Milieu, petite mais fonctionnelle, qui m'abrita durant un orage... et finalement une nuit complète !

Enfin, les cabanes de berger sont, pour certaines, ouvertes en partie au public. D’autres ne sont plus utilisées que par les randonneurs. Malgré un confort souvent sommaire, c’est une nuit au chaud et au sec qui est alors proposée. De quoi se reposer et se retaper avant de repartir ! Ces cabanes sont aussi des abris bienvenus en journée en cas de dégradation des conditions météo : brouillard, vent fort, orages. Certaines disposent d’une cheminée. Rien de tel qu’un bon feu pour se réchauffer… et faire sécher sac et affaires mouillées. Il est de bon ton d’aller chercher du bois ensuite pour le mettre à sécher à l’abri et proposer aux randonneurs suivants le même confort que celui qui nous est offert…

4) Le matériel : que prendre dans son sac pour le GR®10 ?

Discussions, échanges, débats rythment les soirées communes entre trekkeurs au sujet du matériel. Les remarques sur la taille du sac, impressionnante pour des randonneurs n’ayant pas l’habitude du trek, fusent. Et même entre GRdistes : certains partiront avec le minimum vital en mode ultra-léger, quand d’autres privilégieront un peu de confort et un maximum d’autonomie. Mais au final, qu’est-ce qu’il y a dans ce sac ?

J’estime que chacun doit prendre ses indispensables, tout en posant le pour et le contre pour chaque élément. Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Est-ce que je peux m’en passer ? Est-ce que je vais m’en servir souvent ? Est-ce que je peux le remplacer par autre chose que je prends déjà avec moi ? Autant de questions qui ont à peu près une réponse par randonneur !

ensemble du matériel que j'emmene en trek long cours (GR10, Carcassonne-Menton...)

Outre les vêtements, qui doivent parer à toutes les situations mais ne pas être multipliés, il faut avoir avec soi tout son matériel de couchage : tente si l’aventure se passe en bivouac, petit matelas, sac de couchage, petit sac à viande qui pourra être utilisé seul ou en association au duvet. Une petite trousse d’hygiène sera forcément nécessaire, elle contiendra une petite brosse à dents (je coupe le manche d’une brosse à dents classique), un mini tube de dentifrice, un savon biodégradable multiusages dont on se servira à distance des cours d’eau pour la toilette et la vaisselle. Du papier toilette, des mouchoirs, une petite serviette et des sacs poubelle pour ramener ses déchets.

Côté cuisine, outre la popote, le réchaud, le briquet et la petite cartouche de gaz, un bol et des couverts en plastique seront très utiles, de même qu’un couteau type opinel. La nourriture dépendra de chacun, mais il est possible de varier les plaisirs, les aliments secs et frais, le sucré et le salé, sans trop se charger. Privilégier pâtes, riz, repas lyophilisés et compléter avec le frais acheté sur le chemin. Cela donnera un tout relativement équilibré et varié (on est d’accord, en trek on ne mange pas cinq fruits et légumes par jour, il ne faut pas rêver non plus !)

Côté électronique, la lampe frontale est un incontournable pour les sorties nocturnes et le planter de tente tardif (ou le réveil très matinal, au choix). Sur mes longs treks, j’utilise également un petit panneau solaire pour un rechargement d’appoint de mes batteries de téléphone et de GPS. C’est un bon complément, mais cela ne suffit pas forcément selon la météo. Je pars donc également avec une à deux batteries externes. Une nuit en dur ou en camping de temps à autre sera votre alliée pour faire le plein : les campings ne sont jamais réticents à vous aider à repartir en sécurité.

Papiers d’identité, bâtons de marche (non-négociable à mon avis sur une aventure comme le GR®10, tant cela apporte de confort). Le téléphone pour donner des nouvelles à ses proches et prendre des photos. Et le tour est joué !

Pour vous fournir une information détaillée, je publierai d’ici peu un article avec la liste complète de mon matériel emporté sur le GR®10. Je dispose d’un fichier informatique que je balaie à chaque départ en trek afin de ne rien oublier. Cela m’aide également à évaluer le poids de mon sac et de le faire tendre vers le minimum possible !

Focus : Quel matériel pour se repérer en montagne ?

La carte, la boussole, le topoguide, le GPS de randonnée... autant de moyens de ne pas perdre son chemin en toutes conditions
Quelques rappels d’orientation ne font de mal à personne avant d’aller fouler les sentiers montagnards… Et ils sont bien-entendu valables dans les Pyrénées.
 
L’outil indispensable, obligatoire, nécessaire pour être capable de choisir son chemin, de renseigner un autre randonneur perdu, et d’aider les secours en cas d’accident, c’est bien-sûr la CARTE ! Mon expérience des rencontres en montagne a de quoi faire peur. Le manque d’équipement d’orientation est monnaie courante, et dès lors que les choses ne se passent pas comme prévu, la randonnée peut vite tourner à la catastrophe…
 
Qu’elle soit au format papier ou numérique, la carte topographique est un incontournable. Elle sert déjà en amont du départ, puisqu’elle aide à préparer son aventure, à anticiper la localisation des cabanes et refuges pour s’abriter, des forêts pour se mettre à l’ombre, des sources pour s’hydrater… Une fois en marche, elle est en plus utile pour choisir son chemin, recourir à une variante lorsque les conditions le nécessitent, évaluer la distance et la difficulté jusqu’au prochain point d’étape… La carte est une source d’informations considérable, et le seul outil fiable en zone blanche : en montagne le réseau ne passe pas partout et il arrive que l’on soit livré à soi-même !
 
Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin d’acheter des centaines de cartes (et de les stocker dans son sac) pour partir sur un chemin de grande randonnée. Les topoguides de la Fédération Française de Randonnée sont une synthèse fiable des données nécessaires pour un trek : cartes précises, infos sur les distances, les durées de parcours entre deux points, les dénivelés, mais aussi sur les ravitaillements, les hébergements… Ces topoguides sont incontournables pour préparer et vivre son GR®10 dans les meilleures conditions.
 
Pour le GR®10, les topoguides sont au nombre de 4, chacun pesant 200 grammes environ. J’ai choisi de les avoir sur moi lors de ma traversée, je suis parti d’Hendaye avec les deux premiers et me suis fait livrer les deux suivants en cours de route.
 
Si vous souhaitez vous procurer les topoguides du GR®10, voici les liens vers la boutique de la FFRandonnée :
Lors de mon parcours sur le GR® 10, j’appréciais d’avoir tous les soirs un support papier à ouvrir pour préparer l’étape du lendemain. Cela me permettait de savoir approximativement quels villages ou quels cols j’allais passer les jours suivants, d’anticiper mes ravitaillements, de chercher facilement les sources pour ne pas manquer d’eau, de repérer de futurs lieux de bivouac… Et, durant les moments plus difficiles, d’avoir une estimation du temps de marche qui me séparait de mon objectif. Bref, je n’ai pas regretté de les avoir toujours à portée de main. Notons, en plus, qu’ils sont un allié de choix pour préparer le GR® 10 à la maison avant de partir.
 
Néanmoins, on n’est jamais à l’abri d’un incident sur le parcours et une seconde source d’informations cartographiques n’est donc pas de trop. Et c’est l’outil numérique qui nous les fournit : des applications permettent d’accéder aux cartes topographiques sans connexion depuis son téléphone.
 
Pour ma part, pour garder en priorité la batterie de mon téléphone pour les besoins éventuels et pour donner des nouvelles à mes proches régulièrement, je pars en montagne avec un GPS de randonnée. Celui-ci m’a permis d’enregistrer toutes mes traces du GR®10, et surtout de m’orienter chaque fois que c’était nécessaire : problème de balisage, brouillard et autres conditions météorologiques rendant la visibilité mauvaise voire inexistante… Mon GPS, qui contient les cartes topographiques au 1/25000, ne m’a jamais fait défaut et m’a évité détours et danger lors de passages escarpés. Il m’a de plus souvent rassuré lorsque le balisage étant manquant ou peu clair (oui, ça arrive !). Et lorsque je suis passé dans des zones où le brouillard était roi (parfois la visibilité est inférieure à 20 mètres !), le balisage devient invisible et ne suffit plus. Dans ce cas, un moyen technologique précis aide à se localiser et à suivre la bonne direction. Les GPS contiennent également altimètre et boussole.
 
La boussole, parlons-en : loin d’être démodée, elle doit être associée à la consultation d’une carte afin d’orienter celle-ci dans le bon sens et de prendre le bon chemin. Il est très bien d’avoir une carte sur soi, mais elle ne suffira pas toujours à s’orienter, notamment en cas d’absence de visibilité.
 
L’idée ici n’est pas de donner un cours d’orientation, mais plutôt de prévenir que les conditions environnementales peuvent rendre le cheminement en montagne très compliqué, et qu’il n’y a pas de meilleur moyen que l’association d’une carte et d’une boussole pour se localiser précisément, s’assurer de suivre le bon chemin et éviter de se mettre en danger…
 
J’aurais d’ailleurs des dizaines d’anecdotes malheureuses à raconter sur ce thème mais ce n’est pas l’objectif ici. Quoi qu’il en soit, pour se sécuriser soi-même, rassurer ses proches et pouvoir aider les secours en cas de pépin, la carte est OBLIGATOIRE en montagne.
 

Focus : Comment se soigner en montagne ?

Cette partie de l’article vient d’une anecdote : la rencontre d’un couple parti pour une semaine sur le GR®10. Contraints de passer plusieurs heures ensemble enfermés dans une cabane en raison du mauvais temps, nous discutons notamment de notre passion et nous évoquons le matériel, le sac… Et en venons à la fameuse trousse de secours. La mienne est relativement complète, pour parer à toutes les principales éventualités. En discutant, ils m’indiquent qu’ils ont acheté la leur toute faite en magasin chez une grande marque de sport. Pratique, me direz-vous ! Mais lorsque je leur demande ce qui se trouve dedans : pas de réponse. Ils n’ont même pas regardé !!

Spoiler alert : une trousse de secours doit être adaptée à ses propres besoins !

Pour ma part, je mets tout dans une petite poche zippée transparente. Ma trousse de secours contient tous les médicaments dont je peux avoir besoin : du Doliprane pour les maux de tête, quelques gélules pour d’éventuels soucis intestinaux. Mais aussi de quoi soigner les petits bobos : pommade à l’arnica, pansements, sparadrap, petite paire de ciseaux, quelques compresses, une petite fiole de désinfectant. J’y intègre toujours quelques pansements spécial ampoules qui rendent bien service les premiers jours, le temps que la peau des pieds durcisse avec la marche. Un baume pour protéger les lèvres du soleil, et l’inévitable crème solaire : en altitude, le soleil tape et la peau brûle. Une pince tire-tiques est également conseillée pour contrer les petites bêtes trop collantes. Sans oublier l’indispensable couverture de survie qui aide à retenir sa chaleur corporelle et à protéger de l’humidité et du froid. Elle a toute son utilité lors d’accidents éventuels, en attendant les secours, mais peut aussi être étalée sur le sol pour trouver un peu de confort dans certaines situations moins graves. Sous la tente, elle isole par exemple du sol afin d’éviter la déperdition de chaleur. Enfin, une solution pour purifier l’eau peut-être utile si on n’emporte pas de gourde filtrante avec soi : les petites pastilles de purification Micropur (1 comprimé par litre d’eau, à laisser dissoudre 30 minutes avant de consommer l’eau) sont d’un bon secours.

la blessure bete sur un trek : le couteau qui ripe sur le doigt. trousse de secours utile !
Opinel 1, doigt 0. Tout ça pour une rondelle de saucisson !

Mais malgré toutes les précautions prises à compléter sa trousse de survie, il peut arriver qu’il manque quelque chose ou que le stock s’épuise : sur un long trek, difficile de prévoir exactement la quantité de chaque élément. Des pharmacies sont heureusement situées de part et d’autre du chemin, sur ou à proximité du GR®10. Les pharmaciens sont toujours à même de répondre aux problèmes que peut rencontrer le randonneur et de conseiller sur les produits. J’ai toujours été bien accueilli, même lorsqu’il me fallut montrer mes pieds sales pour trouver le pansement idéal qui m’aidera à cicatriser cette foutue énorme ampoule !

Comme pour les commerces alimentaires, les besoins d’urgence peuvent être anticipés, en se renseignant sur les pharmacies existantes sur son parcours avant de partir. Bien noter les horaires d’ouverture pour éviter les mauvaises surprises ! Des médecins sont également situés sur le tracé du GR®10 si nécessaire. Enfin, en cas d’urgence, un seul numéro à appeler : le 112. Si le réseau n’est pas bon voire inexistant, essayer d’éteindre et rallumer le téléphone peut aider à capter un relai et un meilleur réseau. Et si la communication n’est pas bonne, les secours auront la possibilité de rediriger votre téléphone sur un réseau radio. Dans tous les cas, il vaut mieux tenter d’appeler !

Par ailleurs, en cas de chute vous rendant invisible du sentier, un sifflet peut rendre possible votre localisation par d’autres randonneurs et par les secours. C’est un petit objet qui ne pèse rien, qui se glisse dans une poche, mais qui peut sauver une vie. Le mien est sytématiquement dans l’une de mes poches de pantalon, toujours à la même place. En cas de besoin, je saurai où le trouver.

5) Le départ : Comment se rendre sur le parcours du GR®10 ? Dans quel sens le faire ? Est-il possible de découper l'itinéraire pour faire le GR®10 sur plusieurs années ?

Si vous vous posez ces questions, c’est que comme moi il y a quelques années, vous en avez assez de faire des petits bouts du GR®10 lors de vos randonnées dans les Pyrénées et que vous voulez enfin vous lancer dans la grande aventure !

Dans ce cas, deux possibilités s’offrent à vous : traverser toute la chaine des Pyrénées d’une traite, où y aller par petits bouts. Dans tous les cas, il vous faudra organiser votre départ et votre arrivée et rejoindre l’itinéraire du GR®10, quel que soit l’endroit.

Rejoindre le GR®10 en transports en commun

Pour effectuer tout le GR®10 en une fois, les deux départs possibles sont tout trouvés : Hendaye et Banyuls-sur-Mer ! Mais comment s’y rendre ?

Dans le cadre d’un trek de plusieurs semaines, voire plusieurs mois, comme celui-ci, aller en voiture au point de départ n’a pas beaucoup d’intérêt : il faudra la stationner et la laisser à son triste sort, puis revenir au départ du trek une fois celui-ci terminé pour la récupérer. En terme de logistique, ce n’est franchement pas idéal. Et ça ne l’est pas non plus d’un point de vue environnemental…

Pour partir tranquille, le mieux est sans aucun doute le train. Pour rejoindre Hendaye, c’est très simple : un TGV s’y arrête plusieurs fois par jour depuis Paris. Le trajet est direct et dure 4h45. Depuis Toulouse, ce n’est malheureusement pas moins long : 5h avec correspondance à Bayonne ou Bordeaux.

Pour ceux qui arriveraient ou repartiraient de Banyuls, il faut compter 2h40 de train depuis Toulouse, avec correspondance à Narbonne. Et 6 à 7h depuis Paris, avec correspondance à Perpignan. Le mieux est de prévoir une journée pour le trajet aller et une journée pour le trajet retour. Cela laisse ainsi, une fois sur place, le temps de finaliser l’organisation de son sac pour partir sereinement le lendemain.

mon arrivée à Hendaye, veille de départ sur le GR10

Pour ma part, je venais de Normandie lorsqu’il me fallut rejoindre Hendaye. Voici mon parcours : un train TER vers Paris (1h40) puis 1h de correspondance puis 4h45 de TGV entre Paris et Hendaye. Parti en début d’après-midi, je suis arrivé au pays Basque vers 21h. Le tout sans me fatiguer et en me laissant porter, alors que j’aurais mis autant de temps en voiture. Idéal avant de partir sur un tel projet ! (Note : je n’ai aucune action pour quelconque compagnie ferroviaire, je détaille juste mon organisation personnelle et dans mon cas, le train était bien le plus pratique.)

Pour ceux qui souhaiteraient parcourir une partie du GR®10 sur quelques jours, il est aussi possible de rejoindre les sentiers du GR®10 en cours de route. J’ai par exemple rallié Toulouse depuis Cauterets lors de quelques jours de break en juillet : un bus Cauterets – Lourdes puis un train Lourdes – Toulouse m’ont suffi, à l’aller comme au retour. Plusieurs gares sont situées sur le parcours et de nombreuses liaisons de bus existent entre les villages traversés par le GR®10 et la plaine. Idéal pour qui veut partir quelques jours sur le GR®10 chaque année ! Il faut néanmoins bien se renseigner sur les horaires et les dessertes afin de ne pas risquer de mauvaise surprise. Si besoin, les offices de tourisme locaux sont souvent très bien au courant des accès vers leurs territoires et pourront vous renseigner.

Tout est donc possible, le GR® n’est pas réservé qu’à celui qui a deux mois devant lui !

Le sens de la traversée des Pyrénées

Une fois le départ et l’arrivée choisis, s’ils différent d’Hendaye et de Banyuls, il vous reste dans tous les cas à choisir le sens de la traversée des Pyrénées : de l’ouest vers l’est ou de l’est vers l’ouest. L’impact de cette décision sera moindre sur une courte portion, mais dès lors que la zone parcourue est touristique, et/ou la météo caniculaire, il sera néanmoins important.

De mon côté, j’ai choisi le sens le plus classique, de l’ouest vers l’est. D’abord, pour marcher un maximum à l’ombre lors des journées de grosse chaleur. Ce qui s’est avéré important dès mes premiers jours de marche, puisque je suis parti la veille de la première canicule de l’été 2022 et que les températures dans le pays basque dépassaient les 40°C à l’ombre. En marchant vers l’est, j’étais aussi « poussé » par le vent dominant venant de l’ouest et j’ai évité de subir les fraiches rafales océaniques en pleine figure lorsque le vent se levait.

Comme je le disais, le sens ouest-est est le plus suivi. Une autre raison m’a donc poussé à partir dans ce sens : je souhaitais éviter d’avoir à dire « bonjour », « holà » ou encore « hello » des dizaines de fois par jour, à chaque fois que je croise quelqu’un. J’ai suivi la majorité des GRdistes en allant de l’ouest vers l’est et j’ai donc globalement croisé peu de monde, sauf dans les lieux les plus touristiques.

Mon choix s’est avéré globalement payant : attaquer les grosses montées à l’ombre le matin, en attendant que le soleil ne monte, est un confort non-négligeable ! Ce fut moins vrai pour les interactions entre marcheurs : j’ai beaucoup apprécié les échanges avec les trekkeurs au long cours, passionnés comme moi de montagne et de beaux paysages, tout en respectant mon envie de solitude lorsqu’elle se faisait sentir. Et les zones touristiques voient affluer familles et autres marcheurs impolis dans tous les sens, durant une bonne partie de l’été : il est malheureusement impossible de les éviter…

Tentes au lac de Gaube sur le GR10, juillet 2022
Il y avait foule ce matin de juillet 2022 au lac de Gaube...

6) Les difficultés : est-ce que le GR®10 est difficile ? Dangereux ?

S’il y a bien un point très important, à ne pas négliger lors de la préparation d’un trek, c’est la difficulté. Adapter son parcours à ses capacités physiques est essentiel à la réussite du projet. Surtout, les difficultés dépendent de chacun, selon sa pratique, son expérience, les complications rencontrées… Mais je le dis et le répèterai : le risque zéro n’existe pas. Et c’est aussi vrai en montagne : aucune randonnée en montagne ne comporte aucun risque. Néanmoins, il est possible d’anticiper certains d’entre eux, et d’éviter de se retrouver en situation périlleuse dans de nombreux cas. Voici un aperçu de la difficulté du parcours et des risques potentiels.

Le parcours :

Le GR®10 ne comporte pas de passage d’escalade exposé et dangereux, il reste un chemin de grande randonnée. Mais en montagne, certains passages peuvent être peu, voire non sécurisés, et paraitre vertigineux. Quelques sentiers étroits, surplombant des falaises, peuvent impressionner. Il peut aussi être nécessaire de mettre les mains sur certains passages pour se rassurer et se sécuriser. Le GRdiste traverse des pierriers, parfois longs, où il faut rester vigilant aux chutes de pierre. La météo, variable, peut compliquer le cheminement : sentiers glissants, boue… Certaines zones ouvertes, sur les plateaux, les cols ou les sommets, peuvent devenir dangereuses en cas d’orage. Marcher en montagne nécessite de l’anticipation, de l’organisation, de la prévention. Mais le GR®10 en lui-même n’est pas techniquement difficile. Une trousse à pharmacie bien réfléchie permettra de soigner les bobos potentiels. Un sifflet aidera à avertir les passants de votre présence et de la nécessité de joindre les secours.

Le dénivelé :

Je l’ai évoqué, il est important d’adapter la distance et le dénivelé des étapes au niveau du randonneur. Prévoir 2000 mètres de D+ et 30 km par jour n’a aucun sens si ce ne sont pas des statistiques atteintes régulièrement par ailleurs, d’autant qu’il faudra les enchainer sur plusieurs semaines. Il s’agit d’une traversée d’une chaine de montagne, c’est évidemment une aventure difficile physiquement et parfois, moralement. Il est donc important de ne pas se surestimer, de ne pas se mettre dans le rouge et de ne pas risquer l’accident en se précipitant. Montées comme descentes peuvent être longues (plusieurs heures). Certaines journées se résument à une longue montée de 5h, ou à une descente interminable. Il faut donc être capable physiquement de parcourir de telles étapes et de rester lucide. Le terrain montagnard est magnifique, mais peut ne pas pardonner un moment d’inattention.

La météo :

Un point extrêmement important : il est probable que tous les temps soient au rendez-vous sur une traversée des Pyrénées : du ciel bleu, de la pluie, du vent, du brouillard, de la canicule, voire de la neige… Le matériel devra donc être bien adapté pour éviter le coup de chaud ou l’hypothermie. Il sera aussi quasiment impossible, sur une durée de plusieurs semaines, de passer à côté des orages d’été. Ceux-ci peuvent arriver très vite et être particulièrement longs et violents. Apprendre à anticiper ce risque là, particulièrement, est indispensable, même si la prévision reste floue : il faut savoir renoncer plutôt que de se mettre potentiellement en grand danger.

Brouillard sur les crêtes et le pic d'Iparla, près de Bidarray
Lorsque le brouillard envahit les paysages montagnards, le danger n'est souvent pas bien loin...

Les animaux – les ours :

Dormir en pleine nature, c’est aussi se reposer à des horaires durant lesquels la nature s’éveille : les animaux nocturnes vous rendront certainement visite. Le sanglier, par exemple, se nourrit essentiellement la nuit. Alléché par les odeurs de nourriture, il pourra se rapprocher de votre tente. Le mieux est d’enfermer sa pitance afin de ne pas nourrir les animaux et de se retrouver bien démuni jusqu’au prochain ravitaillement. Une erreur qui, pour moi, engendra une réduction de ma ration de sucre lors d’une nuit en camping : j’avais laissé trainer des biscuits le temps d’une douche et j’ai retrouvé le paquet entier éventré et englouti par un chien. Une chose qui ne serait pas arrivée si j’avais rentré ma nourriture dans mon sac, et mon sac dans ma tente.

Quant aux ours, qui peuplent une bonne partie des Pyrénées désormais : ils peuvent malheureusement être à l’origine de déboires de certains bergers et des populations pyrénéennes, mais les accidents provoqués par un ursidé sur un randonneur sont extrêmement rares au niveau mondial. Et dans les Pyrénées, les rencontres avec le plantigrade sont elles aussi exceptionnelles. Dans l’immense majorité des cas, l’odeur humaine fera fuir l’animal, et en cas de surprise, c’est encore la fuite qu’il privilégiera. Les attaques d’ours sont très peu nombreuses, même si le risque zéro, je l’ai déjà dit, n’existe pas… Votre chemin vous mettra plus souvent face à un orage que face à un ours, et la foudre tombera bien plus souvent à quelques encablures du sentier que vous suivez qu’il n’y a d’ours dans toutes les Pyrénées ! Partir serein à ce sujet est donc de mise. Et en cas de rencontre impromptue, le mieux est d’attendre que l’animal ait fui (il peut se lever sur ses pattes arrière le temps d’observer et de sentir le danger) et d’éviter de se trouver entre l’ourse et ses petits. En somme, ces conseils sont utiles à connaitre, mais le risque extrêmement faible. Et comme la quasi-totalité des randonneurs sur le GR®10, je n’en ai pas vu la moindre trace !

Les hommes :

Partir seul(e), qui plus est en montagne, interroge, voire effraie. J’ai croisé sur mon chemin plusieurs personnes qui, au delà de l’ennui potentiel, me suggèrent le côté dangereux d’une marche en solitaire en montagne. Au delà de l’accident, qui peut généralement être évité, ce sont souvent des femmes qui m’interpellent à ce sujet, craignant la mauvaise rencontre le soir tombé. Je ne doute pas une seconde que cela puisse arriver, néanmoins, j’ai l’habitude de répondre que les personnes aux mauvaises intentions vont beaucoup plus facilement sévir en ville que loin de tout, en pleine montagne. Et qu’une fois sous la tente fermée, il est totalement impossible de savoir qui s’y réfugie. Le risque d’une mauvaise rencontre est donc existant, mais ne doit pas, comme les autres dangers potentiels, devenir une obsession, gâcher l’aventure voire l’empêcher…

7) La réglementation et le bon sens : comment respecter la montagne et sa beauté fragile ?

Une marmotte dans le cirque d'Estaubé, au sein du parc national des Pyrénées
Une marmotte dans le cirque d'Estaubé, au sein du parc national des Pyrénées

Certaines règles sont à respecter en montagne, comme partout en société. La fragilité de la faune et de la flore d’altitude nécessite une grande attention portée à ce sujet. Il s’agit de règles de bon sens !

Le parc national des Pyrénées est la principale zone protégée de la chaine. La plupart des points de sa réglementation, affichée un peu partout aux entrées du parc, est à mon sens applicable à toute zone naturelle, notamment en montagne.

Parmi les principales règles :

  • Le feu est interdit, afin de respecter le sol, de ne pas détruire la flore et d’éviter de provoquer des incendies. Ceux-ci débutent parfois par une simple étincelle mais peuvent détruire des centaines d’hectares de végétation et faire de nombreuses victimes, aussi bien les habitants locaux que les personnels de secours. Merci d’y penser…
  • Le camping, même en tente, et les camping-car sont interdits. Concernant les tentes, cela implique de les démonter chaque matin et de ne pas dormir plusieurs nuits au même endroit : c’est la définition même du bivouac. Outre la faune et la flore qui sont fortement impactées par la présence humaine en continu, il est pénible pour tout randonneur de marcher des heures vers un site splendide pour y découvrir des tentes plantées çà et là en plein après-midi par des campeurs bruyants qui n’ont rien à y faire.
Ce panneau décrit les obligations à respecter dans le périmètre du parc national des Pyrénées
  • A ce sujet, dans le parc national, le bivouac est autorisé uniquement à plus d’une heure des accès routiers et des limites du parc, et seulement de 19h à 9h. Dans certaines zones spécifiques du parc national, des règles plus contraignantes encore existent, il est donc important de se renseigner avant de partir en trek, selon l’endroit où l’on souhaite bivouaquer. Par exemple, en réserve naturelle nationale du Néouvielle, il est possible de planter la tente uniquement aux abords des lacs d’Orédon et d’Aubert, dans des zones précises et indiquées. J’ai eu la tristesse de constater lors de mon passage dans la réserve que cette règle n’est pas respectée. Mais des contrôles ont lieu et les amendes peuvent être salées !
  • Il est également interdit de faire du bruit, de déranger les espèces animales, de laisser ses déchets, ou encore de cueillir des végétaux. Des règles de bon sens disais-je, dans une réserve naturelle… Et pourtant, chaque été je constate de nombreuses infractions de ce type. Par ailleurs, des espèces protégées se trouvent également en dehors du parc, la discrétion reste de mise dans de nombreuses zones de montagne et la nature se respecte quel que soit l’endroit où l’on se trouve. C’est aussi la raison pour laquelle les chiens doivent systématiquement être tenus en laisse… Ils sont totalement interdits dans certaines zones du parc.
  • Les armes sont interdites pour chasse et pêche : dans le parc national, tous les animaux sont protégés.
  • Les drones sont fortement réglementés, les 4×4 interdits.

La réglementation complète est détaillée dans un article proposé par le parc national des Pyrénées : https://www.pyrenees-parcnational.fr/fr/le-parc-national-des-pyrenees/la-reglementation-du-parc-national-des-pyrenees.

8) Mon aventure : description et bilan de mon GR®10

mon départ du GR10 : la belle plage d'hendaye, face à l'océan atlantique

Fort d’une préparation précise et aboutie de l’aventure,  je me rends enfin sur la plage d’Hendaye, le 15 juin 2022, en début de matinée ! Face à moi, l’océan. Dans mon dos, l’intégralité de la chaine des Pyrénées. Lorsque je me retournerai, je débuterai une aventure incroyable : ma traversée des Pyrénées par le GR®10. Pour le moment, je profite de l’air marin. Je m’installe et prends mon petit déjeuner en regardant les quelques promeneurs matinaux déjà les pieds dans le sable.

Je suis excité, c’est le début de l’aventure la plus dingue de toute ma vie. Je sens en moi une part de stress également : vais-je y arriver ? Est-ce que ça ne sera pas trop dur pour moi, est-ce que je ne m’attaque pas à un trop gros morceau cette fois-ci ? J’ai une envie débordante et une immense part de doutes. N’ai-je rien oublié ? Pourtant j’ai vérifié mon sac maintes et maintes fois… Je sais que de merveilleux moments m’attendent, mais aussi des instants beaucoup plus difficiles, dans l’humidité, le froid, l’orage, des ascensions trop longues et des descentes trop raides… Je me suis préparé à subir certains moments, mais ma tête est prête à cela : les moments plus difficiles font partie de l’aventure, il me faudra les accepter, les laisser passer, et vivre à fond ces futurs souvenirs, qu’ils soient bons ou mauvais. Et puis, chaque pas, aussi lent soit-il, me rapprochera de la Méditerranée…

Ma tête est prête, mon corps aussi : j’ai énormément marché pendant les mois qui ont précédé mon départ, je sais que je suis capable de tenir le rythme. Je veillerai simplement à écouter mon corps, à m’adapter à ma forme quotidienne, pour ne pas brûler les étapes et aller jusqu’au bout. De toute façon, j’ai fait le choix de la lenteur : je n’ai pas de délai imposé, et je ne me ferai pas subir d’étapes de 12 heures. Rien ne me presse, je raccourcirai les passages difficiles pour mieux repartir le lendemain. Ma préparation minutieuse du parcours m’aidera à anticiper les ravitaillements et à gérer les problèmes éventuels. Donc oui, je crois que je suis prêt…

Il est temps d’y aller. Le moment est venu : je mets mon sac sur mon dos, règle les sangles. J’ai passé plus d’une heure face à l’océan. Un dernier regard, puis je me retourne. Le casino d’Hendaye est là, je le contourne et rejoins le panneau annonçant le départ du GR®10.

Cette fois, j’y suis : c’est parti pour ma traversée des Pyrénées à pied !

Note :

L’objectif principal de cet article était de détailler les éléments principaux de ma préparation de la traversée des Pyrénées à pied, afin de vous aider à savoir où vous mettrez les pieds en vous lançant vous aussi sur cette grande aventure, ou sur un autre trek longue distance. La préparation d’un tel projet est primordiale, il faut y passer du temps : c’est le meilleur chemin vers la réussite de votre GR®10.

À travers mon expérience, j’ai beaucoup d’éléments en ma possession à transmettre afin de vous aider dans votre projet. Cette page est une base importante à consulter, mais je la complèterai de nombreuses ressources détaillées afin de favoriser le départ en trekking dans de bonnes conditions. Pour que votre projet d’une itinérance au long cours ressemble plus à un long fleuve tranquille qu’à un parcours sous le vent et la foudre.

Je vous donne aussi rendez-vous très bientôt pour le descriptif détaillé de mon parcours, pour un bilan précis et pour de nombreuses anecdotes de mon GR®10. Restez connectés !

Enfin, je vous invite à découvrir cette page du site sur les GR® des Pyrénées, pour retrouver les principales données chiffrées du GR®10 mais aussi de nombreuses autres idées d’itinérances plus courtes mais tout aussi belles dans nos montagnes.

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